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Aménager les abords de sa piscine : l'alliance du luxe et de la propreté

Propres, sans épines, racines sages, à l'aise au soleil et près de l'eau : les palmiers et plantes tropicales qui conviennent au bord d'une piscine au Maroc, et comment les placer.

Une piscine se vit autant qu'elle se regarde

Autour d'un bassin, une plante n'est pas jugée seulement sur sa beauté. On s'y promène pieds nus, on s'allonge sur les transats, on plonge, et l'on n'a aucune envie de repêcher des feuilles tous les matins. Le bon végétal de bord de piscine est donc à la fois beau, propre, sans danger, et capable de supporter un endroit difficile : soleil réverbéré par le dallage, éclaboussures, chaleur. Voici comment le choisir et l'installer.

Ce qu'on attend d'une plante de bord de piscine

  • Qu'elle reste propre : peu de petites feuilles, de fleurs ou de fruits qui finissent dans l'eau.
  • Qu'elle ne pique pas : pas d'épines là où l'on marche pieds nus.
  • Que ses racines restent sages : rien qui soulève une margelle ou abîme un liner.
  • Qu'elle supporte l'endroit : soleil direct et réverbéré, chaleur du dallage, eau traitée.
  • Qu'elle soit à l'échelle : une couronne de six mètres au bord d'un petit bassin finit par tout couvrir.

Notre FAQ résume les meilleurs choix (voir les palmiers pour le contour d'une piscine). Voyons ce qui fait la différence, critère par critère.

Ce qui salit vraiment un bassin

Au Maroc, le vent, et en particulier le chergui, ramène dans la piscine tout ce qui traîne alentour (voir le chergui). Les pires ennemis du bassin sont donc les plantes qui perdent beaucoup de petits éléments : arbres à feuilles caduques, petites feuilles qui tombent toute l'année, fleurs qui se détachent, comme celles du frangipanier ou les bractées du bougainvillier, et fruits.

Les palmiers ont ici un grand avantage : leurs palmes sont grandes et peu nombreuses. Quand l'une d'elles tombe, elle se ramasse d'un geste, au lieu de se disperser en mille morceaux. En revanche, attention aux fruits. Tous les palmiers adultes fleurissent et fructifient, mais certains produisent des fruits charnus en grande quantité, qui tachent les dallages et attirent les insectes : c'est le cas du Syagrus romanzoffiana (Palmier Reine, appelé aussi Palmier Cocos au Maroc), des Phoenix, du Washingtonia robusta (Palmier du Mexique) avec ses longues grappes, et même du Roystonea, dont les petits fruits tombent en quantité. Ces palmiers sont superbes, mais en retrait de l'eau, pas au-dessus.

Pas d'épines au bord de l'eau

C'est le point qu'on oublie le plus souvent. Plusieurs palmiers très répandus sont armés :

  • les Phoenix portent de longues épines à la base des palmes. Chez le petit Phoenix roebelenii (Palmier dattier nain), elles restent cachées au cœur de la touffe, loin des pieds : il fait un très joli bord de bassin, simplement planté un peu en retrait du passage ;
  • le pétiole du Washingtonia est bordé de dents crochues ;
  • le Chamaerops humilis (Palmier Doum) a des épines sur ses pétioles, et ses rejets peuvent, avec les années, soulever une dalle trop proche ;
  • la plupart des agaves et le Cycas revoluta (Sagou du Japon) ont des feuilles terminées par une pointe dure.

Les autres ont leur place dans un jardin de piscine, mais en arrière-plan, ou au milieu d'un massif, jamais en bordure d'un passage où l'on marche pieds nus. Pour l'avant-plan, il existe une exception bienvenue : l'Agave attenuata (Agave à cou de cygne), qui n'a ni épines ni pointe dure.

Les palmiers qui ont leur place près de l'eau

Le Bismarckia nobilis silver (Palmier bleu de Madagascar) est le grand classique des piscines : son bleu argenté se reflète dans l'eau et ses palmes coriaces encaissent le plein soleil. C'est une pièce maîtresse, à planter isolée, à bonne distance du bassin : à l'âge adulte, sa couronne atteint cinq à six mètres de diamètre (voir espacement et taille adulte). Sans être un palmier à manchon, il lâche seul ses palmes sèches, comme le Washingtonia : grandes et lourdes, elles sont une raison de plus pour le planter à l'écart des transats.

Le Roystonea regia (Palmier royal) apporte la verticalité d'un hôtel de luxe, avec son stipe lisse et son manchon vert. Il est auto-nettoyant : ses palmes sèches tombent seules, d'un bloc (voir palmier auto-nettoyant). C'est pratique, mais une palme de Roystonea adulte est très grande et très lourde : elle peut blesser sérieusement quelqu'un en tombant. Il a toute sa place autour d'une piscine, mais pas trop près : à environ deux mètres du bord, dans un massif, pour que ses palmes et ses fruits tombent au sol plutôt que dans l'eau ou sur les transats.

Pour un écran plus bas, le Dypsis lutescens (Palmier Areca), aussi appelé Chrysalidocarpus lutescens, forme des touffes denses qui protègent l'intimité du bassin (voir aussi notre article sur les écrans verts contre le vis-à-vis). Autour d'un petit bassin, le Hyophorbe lagenicaulis (Palmier bouteille) et le Chamaedorea seifrizii (Palmier bambou) donnent l'effet tropical sans prendre trop de place. Le Howea forsteriana (Palmier Kentia) est très élégant près de l'eau. Sur la côte, il supporte bien le plein soleil ; dans les terres, à Marrakech ou à Fès, mieux vaut lui réserver un coin à mi-ombre.

Les grandes feuilles pour l'ambiance

Rien ne donne mieux l'impression d'une île tropicale que les grandes feuilles autour de l'eau. Le Strelitzia nicolai (Strelitzia géant), le Strelitzia augusta (Grand oiseau de paradis blanc) et le Ravenala madagascariensis (Arbre du voyageur) supportent bien les éclaboussures et leurs racines charnues ne posent aucun problème à la pierre. Leurs feuilles se déchirent au vent : c'est leur allure naturelle, pas une maladie. L'Alpinia zerumbet (Gingembre coquille) ajoute ses grappes de fleurs, et le Philodendron xanadu (Xanadu) habille le pied des palmiers sur la partie ombragée de la plage.

Racines, margelles et distance

Bonne nouvelle : les palmiers ont des racines fines, en faisceau, qui ne grossissent pas avec les années comme celles d'un arbre. Elles ne soulèvent ni les dalles ni les liners (voir les racines et la piscine). On peut donc planter un grand palmier à environ 1,5 m du bord. Deux précautions tout de même : prévoir une fosse de plantation assez large pour que la motte ne soit pas coincée contre la structure du bassin, et éloigner les goutteurs du bord, pour ne pas détremper le sol au pied de la margelle.

Chlore, sel et chaleur

  • Les éclaboussures d'une eau correctement traitée ne posent pas de problème aux plantes citées ici. En revanche, ne videz jamais l'eau de lavage du filtre ni l'eau de vidange sur un massif : chargée en chlore, ou en sel pour une piscine à électrolyse, elle brûle les racines.
  • Les piscines au sel projettent une eau légèrement salée. Les espèces tolérantes au sel, comme le Chamaerops ou le Phoenix dactylifera (Palmier Dattier), sont alors les plus à l'aise au premier rang. Pour les autres, un rinçage du feuillage à l'eau douce de temps en temps suffit (voir l'eau salée).
  • La chaleur réverbérée : un dallage clair en plein soleil renvoie lumière et chaleur sur les feuillages. Réservez le premier rang aux plantes de plein soleil, et gardez les feuillages d'ombre pour les coins abrités.

Planter sans abîmer la piscine

Un grand palmier arrive souvent en motte, avec un camion-grue ou un chariot télescopique. Autour d'une piscine déjà construite, cela se prépare :

  • Le passage de l'engin : un dallage de plage ou une margelle n'est pas fait pour supporter le poids d'un camion. Prévoyez un accès par la pelouse ou le jardin, ou une grue qui dépose le palmier par-dessus.
  • Le bon moment : si la piscine est en construction, plantez les grands sujets avant la pose du dallage définitif. C'est plus simple, plus propre, et l'on peut ajuster la place de chaque palmier.
  • La terre et l'eau : pendant la plantation, protégez le bassin des projections de terre, et gardez le premier arrosage, très copieux, à distance de la margelle.

Les étapes de la plantation elle-même sont détaillées dans notre guide pour réussir la transplantation des grands sujets. Et le soir, quelques projecteurs au pied des stipes, dont le reflet joue sur l'eau, transforment la piscine en décor (voir l'éclairage nocturne).

Composer autour du bassin

Une bonne composition joue sur trois plans. Au premier rang, des plantes basses, propres et sans épines, qui ne cachent pas l'eau. Au deuxième, les grandes feuilles et les touffes d'Areca, qui donnent l'ambiance et l'intimité. Au fond, un ou deux grands palmiers qui dessinent la silhouette du jardin et projettent une ombre mouvante sur une partie de la plage (voir notre article pour créer une zone d'ombre naturelle). Gardez toujours une partie de la plage au soleil : on vient aussi à la piscine pour bronzer.

Le minéral fait le reste : une margelle en pierre naturelle claire met en valeur le vert des Strelitzia et le bleu du Bismarckia (voir notre article sur la pierre naturelle et les palmiers). Et sur une plage entièrement dallée, quelques grands pots permettent d'ajouter du vert sans creuser (voir notre guide de la culture en pot).

En résumé : les plantes de bord de piscine

PlanteOù la placerAtoutPrécaution
Bismarckia nobilis silver (Palmier bleu de Madagascar)Isolé, en retraitBleu argenté, plein soleilCouronne de 5 à 6 m adulte, palmes sèches lourdes
Roystonea regia (Palmier royal)En retrait, à environ 2 m du bordVerticalité, auto-nettoyantPalmes très lourdes et fruits abondants : pas au-dessus des transats
Dypsis lutescens (Palmier Areca)Deuxième rang, écranTouffe dense, intimitéArrosage régulier
Hyophorbe lagenicaulis (Palmier bouteille)Petit bassin, premier rangCompact, graphiqueSol très drainant
Chamaedorea seifrizii (Palmier bambou)Coin mi-ombragéTouffe légèrePas de plein soleil réverbéré
Howea forsteriana (Kentia)Plein soleil sur la côte, mi-ombre dans les terresÉlégance, propretéBrûle en plein soleil dans les régions chaudes de l'intérieur
Strelitzia nicolai, Strelitzia augusta, RavenalaDeuxième rangGrandes feuilles, racines sagesFeuilles déchirées par le vent
Agave attenuata (Agave à cou de cygne)Premier rangSans épinesCraint le gel
Phoenix roebelenii (Palmier dattier nain)Bord de bassin, un peu en retrait du passageFin, compact, très décoratifÉpines à la base des palmes
Chamaerops humilis (Palmier Doum)Arrière-planRobuste, tolère le selÉpines, rejets près des dalles
Syagrus, Washingtonia, grands PhoenixLoin de l'eauSilhouette, croissanceFruits abondants, épines (Phoenix, Washingtonia)

Conseil d'expert InfiniPalm : Avant de planter, asseyez-vous sur un transat à 16 heures en été. Regardez d'où vient le soleil, d'où vient le vent, et où vous aimeriez avoir de l'ombre. Placez les grands palmiers à l'ouest de la plage pour ombrer la fin de journée, gardez le premier rang bas et sans épines, et jouez sur les contrastes : le gris argenté d'un Bismarckia devant le vert profond d'un massif d'Areca suffit à donner à une piscine l'allure d'un hôtel de bord de mer.

Quels palmiers privilégier pour habiller le contour d'une piscine au Maroc ?

Quatre critères comptent près d'un bassin : peu de feuilles, de fleurs ou de fruits qui salissent l'eau, pas d'épines là où l'on marche pieds nus, des racines qui ne soulèvent pas les margelles, et une bonne tolérance au soleil réverbéré par le dallage. L'Areca (Palmier Multipliant) coche toutes ces cases et forme en prime un écran d'intimité. Le Kentia est très élégant près de l'eau : en plein soleil sur la côte, plutôt à mi-ombre dans les terres. Le Phoenix roebelenii fait un très joli bord de bassin, un peu en retrait du passage, car ses épines restent cachées à la base des palmes. Pour un petit bassin, l'Hyophorbe lagenicaulis (Palmier Bouteille) et le Chamaedorea seifrizii donnent l'effet tropical sans prendre trop de place. Le Roystonea regia apporte la verticalité d'un hôtel de luxe : plantez-le à environ 2 m du bord, car ses palmes sèches sont très lourdes et ses fruits abondants. Le Bismarckia nobilis, superbe en sujet isolé, se place lui aussi en retrait. Aux abords immédiats de l'eau, l'Alpinia zerumbet, le Strelitzia nicolai et le Ravenala madagascariensis apportent leurs grandes feuilles tropicales. Tout le détail : aménager les abords de sa piscine.

Mon eau d'irrigation (forage) est un peu salée, quelles précautions prendre ?

Une eau légèrement salée provoque typiquement un brunissement des pointes de palmes plutôt qu'un jaunissement général. Privilégiez les espèces naturellement tolérantes au sel comme le Chamaerops humilis, le Phoenix dactylifera (historiquement cultivé avec de l'eau de forage saumâtre dans les oasis du Sud), le Washingtonia robusta et le Brahea armata. Astuce technique : un arrosage abondant occasionnel qui lessive les sels sous la zone racinaire est préférable à un arrosage juste suffisant, qui a tendance à les concentrer en surface — mais attention, cela suppose un sol qui draine bien. Sur une terre argileuse en particulier, l'eau circule mal en profondeur et les sels ont plutôt tendance à saturer et rester piégés dans le sol, même avec un arrosage généreux. Dans ce cas, la priorité est d'abord d'améliorer le drainage (apport de sable, de matière organique) avant de compter sur le lessivage. Un paillage limite aussi la remontée capillaire des sels par évaporation. Si l'eau est vraiment très salée, au point que même ces espèces tolérantes montrent des signes de souffrance, un osmoseur (système d'osmose inverse) permet de désaliniser l'eau d'irrigation — plus coûteux à l'achat et à l'usage, mais parfois la seule vraie solution dans les cas extrêmes.

À quelle vitesse poussent mes palmiers et quel espacement prévoir pour leur taille adulte ?

La vitesse de croissance varie énormément d'une espèce à l'autre. Le Washingtonia robusta et le Syagrus romanzoffiana peuvent gagner près d'un mètre par an en bonnes conditions, quand un Chamaerops humilis ou un Brahea armata pousse beaucoup plus lentement. Pensez aussi à l'envergure adulte pour l'espacement : un Bismarckia nobilis peut développer une couronne de 5 à 6 mètres de diamètre à maturité — à garder à distance d'une piscine ou d'un mur. C'est là qu'acheter un sujet déjà bien développé chez InfiniPalm change la donne : vous sautez plusieurs années de croissance et obtenez l'effet recherché immédiatement plutôt que d'attendre.

Que veut dire « palmier auto-nettoyant » (self-trimming) ?

Un palmier auto-nettoyant se débarrasse tout seul de ses palmes sèches : elles tombent sans que vous ayez à intervenir. Chez les espèces à manchon, comme le Roystonea regia, les Archontophoenix ou le Dictyosperma album, la chute est nette et propre. Certaines espèces sans manchon, comme le Kentia, finissent elles aussi par lâcher leurs palmes sèches, un peu moins proprement. Bonne nouvelle pour l'entretien : il suffit de retirer une palme quand elle est entièrement brune et sèche, ou si elle représente un risque au-dessus d'un passage. On ne coupe jamais une palme encore verte (voir notre FAQ sur les palmes jaunissantes).

Les racines des palmiers sont-elles dangereuses pour une piscine, des dalles ou des fondations ?

Rassurez-vous : c'est justement l'un des grands atouts des palmiers. Ils possèdent des racines fasciculées (en faisceau), qui ne grossissent pas comme les racines pivotantes d'un arbre et ne soulèvent ni dalles ni liners. On peut ainsi planter un grand sujet à environ 1,5 m du bord d'un bassin. Deux petites nuances : les rejets épineux du Chamaerops humilis peuvent, avec les années, faire éclater une dalle posée trop près ; on préfère alors des palmiers à stipe fin, comme le Ptychosperma elegans ou le Kentia. Les racines charnues du Strelitzia nicolai, elles, ne posent aucun problème à la pierre. Pour composer autour de l'eau : aménager les abords de sa piscine.

Qu'est-ce que le chergui, et comment en protéger mes plantes ?

Le chergui est un vent chaud et sec, venu de l'est ou du sud, qui souffle par épisodes surtout en été. Il dessèche le feuillage, épuise les racines qui n'ont pas le temps de compenser, et encrasse les bassins de feuilles et de poussière. Quelques gestes simples aident vos plantes à bien le traverser : arrosez le soir plutôt que le matin, faites une brumisation ou une bonne douche du feuillage à l'eau douce après un épisode fort, et protégez les jeunes sujets fraîchement plantés. Côté choix des espèces, le feuillage coriace résiste mieux, comme le Chamaerops humilis, le Sabal mexicana ou le dattier, alors que les grandes feuilles tendres du Strelitzia ou du Ravenala demandent un coin abrité.

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